Épisode #13: L’état de flow

Publié le: 12 novembre 2021

  1. Épisode #13 – L’état de flow Cultive Ton Potentiel 15:00

Retranscription de l’épisode:

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans « Cultive Ton Potentiel » le podcast qui vulgarise les concepts de croissance individuelle et collective selon une approche apprenante.

Je m’appelle Lamia Rarrbo et aujourd’hui dans ce 13e épisode, on va parler de l’état de flow en hommage au psychologue hongro-américain Mihály Csíkszentmihályi décédé la semaine dernière et fondateur du concept du flow… Wow! petite fierté d’avoir pu prononcer son nom… enfin, je l’espère.

Qu’est-ce que l’état de flow ?

L’état de flow est un état où la concentration et la productivité sont à leur maximum. C’est un concept de psychologie positive ou cet état de flow nous maintient dans un état d’immersion totale et dans l’action, et qui nous génère une sensation d’accomplissement et de bien-être où la récompense intrinsèque est essentielle.

Et la psychologie positive est une révolution de la pensée car elle nous fait passer d’un mode d’expression en termes de déficit vers un mode d’expression en termes positifs. Des émotions positives comme la joie, l’excellence, l’accomplissement, l’optimisme, la persévérance et finalement le flow. En un mot la psychologie positive est une prévention des troubles psychiques de la maladie mentale. Une prévention je dirais qu’on devrait toutes et tous adopter.

Aussi, Le « flow » est un état psychologique optimal, ce qui veut dire que nous sommes donc complètement absorbés par une activité et elle accapare toute notre cognition, à la fois nos pensées, nos émotions et nos actions. C’est à dire qu’à un instant donné, nous sommes immergés, très concentrés sur l’activité en question. Nous sommes dans une activité qui nous apporte de la sérénité et, qui nous comble. Nous sommes complètement impliqués, et nous prenons du plaisir dans le processus.  Et c’est très différent lorsqu’on apprend quelque chose de nouveau. Dans le processus d’apprentissage, il y a une phase d’inconfort, de doute et peut-être de stress. Ici, je te parle au contraire de compétence : tu sais faire quelque chose et ça te procure un pur plaisir donc tu reçois une shot de dopamine de la part de ton cerveau. Car quand on est dans un état de flow, on oriente notre être vers ce qu’il y a de positif dans chaque situation. Cet état favorise donc le développement de ces éléments positifs, leur maîtrise et par conséquent leur utilisation à des moments clés de notre vie. Cette « concentration positive » permet donc de ne pas rester focalisé sur des éléments négatifs et c’est ce qui diffère du processus d’apprentissage.

Maintenant, il existe de nombreuses activités qui procurent ce sentiment que tu connais déjà peut-être, cela t’ait déjà arrivé avec des amis sur une terrasse, ou pendant une Game de hockey ou de soccer, toute ta cognition est impliquée, tes pensées, tes émotions et tes actions sont complètement prises dans le jeu. Tu te demandes ce que va faire l’adversaire, quel est son prochain mouvement, et toutes tes émotions sont focalisées sur le jeu, sur l’excitation d’attraper la balle et de jouer et ton action est complètement tournée vers le mouvement du jeu. Tu es immergé au point que tu perds toute notion du temps et de l’espace.

Et c’est exactement ça qui caractérise une activité de flow, c’est qu’on perd toute notion du temps et de l’espace et qu’on prend du plaisir au cours de l’activité en question.

Et c’est sûr que pendant ta game / ton match, tu as l’esprit tellement absorbé que tu ne penses pas à ton projet que tu dois remettre au boulot ou qu’est-ce qu’on va manger ce soir. D’ailleurs, si pendant une activité tu as ce genre de pensées, ça voudra tout simplement dire que telle activité ne te met pas dans un état de flow et ceci n’est pas grave. C’est quelque chose que tu peux expérimenter et essayer d’avoir de la conscience dessus! Donc, la prochaine fois que tu passes du temps de qualité ou tu vas potentiellement être dans un état de flow, je t’invite à être attentive à ce que tu penses et comment tu réagis ou pas.

Tu peux l’expérimenter aussi dans ton travail, il y a peut-être des aspects de ton travail où tu es dans cet état de flow, tu es à fond dans ce que tu fais, il n’y a plus rien qui compte à ce moment-là, tu es à fond dans les tâches que tu effectues, tu es dans l’exécution et tu perds toute notion du temps, peut-être que tu expérimentes cet état dans des activités artistiques tel que le dessin, la musique, la peinture ou la cuisine.

En 1975, Csikszentmihalyi définit le flow comme un état d’activation optimale dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité. L’expérience du flow est qualifiée d’« autotélique », c’est-à-dire qui trouve sa fin en elle-même. Csikszentmihalyi identifie plusieurs éléments qui sont les indicateurs de l’apparition et de l’intensité du flow. Ces indicateurs sont :

  • Une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever : et qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire qu’il s’agisse d’une activité qui soit claire dans son exécution, il faut que l’on sache exactement quelles sont les différentes étapes, il faut que cela soit très clair dans notre esprit. Par exemple, pour reprendre l’exemple du hockey ou soccer, tu dois connaitre les règles, tu sais ce que tu dois faire, il n’y a pas de zone floue. Tu ne peux pas avoir un état de flow pour une activité que tu ne maitrises pas, si dans ton travail tu ne trouves pas cet état de flow, demande-toi si ce n’est pas parce que tes tâches ne sont pas claires et pas bien définies, ou que tu es encore en période d’apprentissage et que c’est encore loin d’être inconsciemment compétent;
  • Une centration de l’attention sur l’action en cours;
  • Des feedbacks clairs : un retour immédiat sur ce que l’on fait et de savoir si ce que l’on fait est bien ou non, pour pouvoir ajuster au fur et à mesure. Par exemple, pour garder l’exemple du hockey, lorsque tu joues, tu sais directement si ce que tu fais est bien ou non, tu sais si tu es en train de gagner ou de perdre, il n’y a pas cette zone floue. Remarque dans ton travail si tu as un retour sur ce que fais, cela peut être intéressant si dans ton travail tu es amené à gérer une équipe, de savoir que la personne que tu gères a besoin d’un feedback et qu’elle sache si ce qu’elle fait c’est bien ou non et qu’elle est un plan d’action clair.
  • Des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement : c’est d’avoir un équilibre entre notre perception de la difficulté qu’il y a devant nous et la perception de nos capacités. Il faut que l’on se sente capable de réussir, il ne faut pas que cela nous paraisse trop dur, que cela nous paraisse complètement impossible à mettre en place, il ne faut pas que l’on se dise en chemin que cela semble beaucoup trop dur pour nous, ce qui fait que l’on arrive pas à se focaliser sur cette tâche parce qu’elle ne nous semble pas accessible de notre point de vue, ou à l’inverse que cela nous semble beaucoup trop facile, comme de jouer avec des personnes d’un niveau inférieur/supérieur au volley, il en va de même dans le travail ou dans nos relations avec les autres… Il faut qu’il y ait cet équilibre entre le challenge et notre perception de nos compétences.
  • L’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (e.g., bien-être, plaisir).
 

En résumé, les compétences et le défi doivent être perçus comme étant en équilibre mais également être simultanément élevés pour ressentir le flow.  Au-delà de la motivation intrinsèque et du plaisir qu’entraîne cette perception de compétences dans une situation de défi, plusieurs recherches ont montré que le flow a un impact sur l’amélioration des compétences réelles. Les recherches ont montré que lorsque le défi et les compétences sont perçus comme étant élevés, l’individu n’apprécie pas uniquement le moment mais améliore ses capacités sur le long terme car il est placé dans une situation qui lui permet d’acquérir de nouvelles compétences et d’augmenter son estime de soi. Ceci peut s’expliquer notamment par le fait que, lorsque l’individu est en flow, il éprouve une sensation de fluidité de mouvements sans réaliser un effort particulier et qu’il a la sensation de contrôler ses actions.

Le flow s’atteint quand ton niveau de défi est plus élevé que la moyenne, que tes capacités seront plus importantes que la moyenne et que tu fais ce que tu aimes vraiment faire. C’est aussi un état qui est extrêmement plaisant et que l’on va vouloir rechercher. C’est aussi un état qui nous permet d’agrandir nos compétences, il va nous permettre de performer quelque part. C’est quelque chose que l’on va rechercher parce que c’est très satisfaisant d’un point de vue intellectuel. Si nous devions, trouver des caractéristiques pour déterminer qu’est-ce qui nous met ou non dans un état de flow, et pourquoi y-a-t-il des activités qui nous mettent dans un état de flow et d’autres non, pourquoi certaines activités vont mettre des personnes en état de flow alors que pour d’autres non, je donne l’exemple du sport qui ne va pas forcément fonctionner sur tout le monde, il y a des personnes pour qui le sport ne fonctionne absolument pas!

 

Jackson montre, dans l’ensemble de ses travaux, que le flow dans le domaine sportif possède des caractéristiques spécifiques, bien que certaines dimensions décrites précédemment aient été mises en évidence dans d’autres domaines. Par exemple, il a été démontré que dans le domaine de l’informatique que le flow se décline en quatre points : 1) le sens du contrôle que l’individu perçoit dans l’interaction avec son ordinateur, 2) la perception que son attention est dirigée sur cette interaction, 3) la curiosité accrue pendant cette interaction et 4) l’utilisateur trouve l’interaction intrinsèquement intéressante.

En d’autres termes : si tu as un informaticien dans ton entourage, tu l’as sûrement déjà vu ou entendu parler ou s’engueuler avec son ordinateur 😊. Cela indique que cet informaticien est entré dans un état de flow et qu’il est extrêmement concentré sur la tâche qu’il est entrain d’accomplir et que cela lui procure un mélange de plaisir, de défi avec un soupçon de stress.

Il y a sept facteurs décrivant l’état de flow:  un sentiment d’immersion dans l’action, une forme d’extase ou de sentiment d’échapper à la réalité quotidienne, une impression de grande clarté, un sentiment d’être en pleine possession de ses moyens, une certaine sérénité, un sentiment de perdre la notion du temps, et finalement une motivation intrinsèque faisant en sorte que le travail effectué est en lui-même une récompense.

Ce que j’ai envie de te proposer c’est de t’intéresser à l’état de flow si c’est quelque chose qui te parle, de te poser la question : « est-ce que j’ai assez de flow ? Est-ce que mon cerveau est assez satisfait ? Est-ce que j’ai assez de moments dans mes journées où je suis complètement impliqué dans ce que je fais, et où je suis complètement passionnée, où je prends du plaisir ? ». Si ce n’est pas le cas, il va arriver un moment où il va te manquer quelque chose dans ton épanouissement personnel et il se peut que ton cerveau le cherche ailleurs, et que cela peut faire que j’ai envie d’avoir d’autres plaisirs (manger plus, regarder plus souvent la télé, etc.) Et ce vide abstrait se traduit par : « j’ai eu une dure journée, il faut que je décompresse ».

Demande-toi si ton travail te plait, il est possible que tu aimes ton travail mais que tu sois constamment interrompu, que tu passes constamment d’une tâche à l’autre et que ce soit très difficile pour toi d’accéder à l’état de flow, parce que pour se permettre de pouvoir perdre la notion du temps, il faut que son travail s’y prête. Et si ce n’est pas le cas, demande-toi si tu peux l’introduire, en changeant ta façon de travailler par exemple ? Pour te donner cette satisfaction émotionnelle, mentale, physique à être dans cet état de flow.

Demande-toi par exemple s’il serait possible pour toi de bloquer des plages horaires dans ton agenda, de désactiver toutes les notifications (téléphone, réseaux sociaux, etc.), ce qui te permettrait d’atteindre plus facilement cet état de flow.

Et si ton travail ne te permet pas actuellement d’avoir cet état de flow, et je comprends tout à fait! Demande-toi ce qui serait susceptible de te procurer cet état de flow et essaie de l’avoir davantage dans ta vie parce que c’est une source de satisfaction intense et tu peux commencer par t’accorder un temps le matin ou le soir, où tu instaures une routine. Par exemple, si tu remarques qu’en rentrant le soir tu as ce besoin de décompresser après une dure journée au travail et bien au lieu de chercher du plaisir dans la nourriture ou Netflix, tu peux proposer à ton cerveau un état de flow qui va te donner la satisfaction que tu recherches. Propose-toi un accomplissement simple comme celui de lire un livre, ce qui nous tient à la lecture d’un livre c’est que l’on a envie de connaitre la fin, nous avons le feedback immédiat, et nous avons le but. Tu peux avoir la satisfaction de lire davantage si c’est quelque chose que tu as envie de faire. Ou bien, tu peux introduire une activité artistique à ce moment-là de la journée, au moment où tu as le plus besoin de décompresser et t’accorder de la vraie décompression. La réalité c’est que lorsque nous décompressons avec la nourriture (avec des paquets de biscuits, par exemple) et en regardant 8h de Netflix, on ne se sent pas du tout énergisé.

Demande-toi qu’est-ce que je pourrais me proposer à la place qui pourrait me permettre de me mettre dans cet état de flow, d’avoir cette satisfaction qui ferait que mon niveau de stress serait par ailleurs moins élevé, parce qu’il y a une bonne partie de mon brouhaha mental qui est lié au fait que je ne me sens pas très bien, ou que je ne vois pas très bien le sens de ce que je fais dans la vie. Si je profite de ces moments-là pour faire des activités qui ont du sens pour moi, c’est super ! Si je profite le soir venu d’un moment de qualité avec mes enfants, de travailler sur mon futur business que j’ai envie de lancer lorsque cela sera possible financièrement pour moi, ce temps que j’investi en moi !

Je vais m’arrêter là et te remercier de m’avoir écoutée! J’espère que tu as eu autant de plaisir à écouter mon podcast que j’en ai à le créer!

Sur ce, je te laisse cultiver les graines. Prends soin de toi, je t’embrasse, passe une excellente fin de semaine et je te dis à bientôt!

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